Réalisateur : Jean-Pierre
Denis
Avec : Sylvie Testud, Julie-Marie
Parmentier, Isabelle Renauld
2 février 1933, 6 rue Bruyère, au Mans. Les
gendarmes Dézalée et Bouhot, alertés par
l’ancien avoué René Lancelin forcent la porte
du domicile de ce dernier. Retenu par une partie de bridge chez son
beau frère, l’avocat Chambon, Lancelin a trouvé
en rentrant chez lui la porte close. Ni sa femme, ni sa fille, ni
les domestiques, ne répondent. L’avoué est
saisi d’un mauvais
pressentiment.Dézalée entre le premier. Dans le noir, il
distingue les cadavres mutilés de Mme et Melle Lancelin. Les
yeux, arrrachés des orbites, sont éparpillés
à même le sol. On craint alors pour la vie des bonnes.
Mais au dernier étage, on retrouve Christine et Léa
Papin, serrées nues dans le même lit. Elles
n’auront aucune réticence à avouer le crime.
Toutes les deux. D’une une malle de la chambre, le
journaliste Forestier extrait une brassée de lingerie fine,
dentelle brodée main, qu’envierait la fille la mieux
dotée de la ville. C’est ainsi que débute le "crime des
bonnes". Crime social, vengeance d’une classe de domestiques
particulièrement asservie, ou crime de sœurs
psychotiques et incestueuses..la lumière ne sera jamais
vraiment faite. Mais le mystère de l’affaire Lancelin
a inspiré nombre de débats et d’œuvres
artistiques. Citons Jean Genêt (Les bonnes), Jacques Lacan
(Le crime des sœurs Papin), Claude Chabrol (La
cérémonie), ou Jean-Pierre Denis (Les blessures
assassines).
Pour ceux qui souhaitent un regard historique, je
conseille le récit de Paulette
Houdyer, certes difficile à trouver de nos jours,
L’affaire Papin, Le diable dans la
peau.

