Réalisateur : Georges Franju
Avec : Pierre Brasseur, Alida Valli, Edith Scob
A la faveur d’une substitution de cadavres, le professeur Genessier conduit le projet de redonner à sa fille, défigurée dans un accident, un visage.
Aidé de la démoniaque Louise, groupie dévouée jusqu’à la mort, il se voit contraint de sacrifier de nombreuses jeunes filles, auxquelles il va voler ce qu’elles ont de plus intime, les condamnant à une mort, sinon physique, du moins psychique.
Chef d’œuvre en noir et blanc, Les yeux sans visage gagne à être re-découvert. Car c’est bien de la justification du Mal qu’il est question ici. Les pires crimes peuvent ils être justifiés par des principes moraux tels que l’amour (celui de Genessier pour sa fille ?), la foi (celle des Saints Inquisiteurs ?), la passion (celle de Michel Fourniret pour la virginité ?) ? Ou alors, et c’est mon avis le plus profond, le Mal n’est il pas au contraire la négation de ces sentiments... ou plutôt leur dépravation ?
On remarquera le jeu magnifique d’Edith Scob, qui, telle Marcel Marceau, arrive à communiquer des émotions poignantes sans pour autant prononcer un mot.

